Accord CETA : s’il échoue on n’en fera pas tout un fromage

Tout comme son cousin le TAFTA (Traité d’accord transatlantique Etats-Unis/Union européenne), le CETA (Accord de libre échange Canada/Union européenne) a mauvaise presse : négociations occultes entre technocrates, harmonisation à la baisse des objectifs environnementaux, système d’arbitrage des conflits portant atteinte à la souveraineté des Etats…

Dernièrement, sous la présidence de François Hollande, les négociations pour le TAFTA ont connu un coup de frein car la France ne souhaitait pas voir ses normes environnementales en matière commerciale abaissées.

Sans aller jusqu’à une remise en cause de son application, l’application du CETA risque fortement d’être retardé. Le point de discorde aurait pu être un de ceux cités précédemment, mais il est tout autre : le quota de fromage !

En effet, cet accord permet de multiplier par deux les importations de fromages européens libres de droit de douane, ce qui représente une belle opportunité économique pour le savoir-faire français.  Seul bémol, Ottawa aurait informé les Européens que 60% de ce quota supplémentaire de fromages pourraient passer par les producteurs laitiers canadiens et les industries de transformation. Or, les Européens craignent que les fromagers canadiens n’utilisent pas volontairement ce quota pour protéger leur propre production. Pour rappel, les récentes déclarations protectionnistes du Premier ministre Justin Trudeau – « …toujours nous assurer de protéger les intérêts du Canada pour défendre les intérêts économiques de nos citoyens et de nos petites entreprises » – ne sont pas pour rassurer les négociateurs européens.

Le marché canadien des fromages fins est aujourd’hui toujours au stade embryonnaire, mais l’industrie à long terme semble prometteuse et les Européens ne veulent pas rester en marge de celle-ci, au risque de retarder la mise en application d’un accord qui peine à exister.

Cependant, lors du G20 à Hambourg, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Justin Trudeau, le premier ministre canadien, ont annoncé l’application provisoire de l’accord à partir du 21 septembre prochain, et ce, avant même sa ratification par les 38 Parlements nationaux européens.

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