Interview de Michel Armand à La Haye

  • Ophelie
  • Category Europe, Interviews

Pouvez-vous nous parler de vous, nous expliquer comment vous avez atterri aux Pays-Bas, et le métier que vous exercez ?

Août 1985… de retour à Paris, après avoir bouclé la boucle de mon tour de France, d’Espagne et d’Italie, le désir d’aller plus loin était trop fort ; il fallait que je reparte. Alors pourquoi les Pays-Bas ? Première réponse : pourquoi pas ! Et puis c’était déjà un vieux rêve qui sommeillait en moi ; le moment était venu de le réaliser. J’ai vite trouvé du boulot dans une croissanterie, où j’ai travaillé pendant un an, puis dans une autre, deux années de plus, là où j’ai rencontré ma femme. Ensuite, faute de mieux, j’ai travaillé deux ans dans une maison de retraite, en cuisine et à la plonge, mais j’ai continué à chercher, jusqu’au jour où j’ai vu cette annonce dans le journal : on cherchait des chauffeurs de bus et de tramways. J’ai envoyé une lettre et ma candidature a été retenue. Et me voilà, 26 ans plus tard, à sillonner les rues de La Haye dans mon tram.

Vous êtes également poète, et vous avez publié un recueil de vos écrits.  Comment y êtes-vous venu, et quels sont vos projets à ce niveau ?

J’écris de la poésie depuis mon plus jeune âge, mais après la mort de mon père, en 2005, j’ai pris les choses beaucoup plus sérieusement, et j’ai conservé mes écrits. À un certain moment, en 2012, j’avais tellement de textes que je les ai proposés à un éditeur. Malheureusement, il faisait faillite un an plus tard.
J’ai donc cherché une alternative, et j’ai fini par la trouver sous la forme d’autoédition chez Lulu.com. Aujourd’hui, j’ai déjà publié quatre recueils, dont certains m’ont valu quelques prix, et je travaille à un cinquième. On peut en voir un aperçu à la page suivante : http://www.lulu.com/spotlight/Mic_54

Mes projets pour le futur, mon ambition, sont de pouvoir faire des lectures en public, mais aussi, et c’est peut-être ce qui fait la différence avec les autres poètes, de faire participer ce public. Le reste du temps, j’écris des romans policiers, (les aventures de l’inspecteur Duval), j’ai aussi publié trois nouvelles et je termine prochainement un roman, qui s’intitule « Monsieur Jansen » et qui raconte l’histoire d’un couple dans une vieille maison hantée par un fantôme, ledit monsieur Jansen. Histoire, je le précise, basée sur un fait réel, même si, officiellement, les fantômes n’existent pas.

Je rêve également de pouvoir écrire une rubrique dans un journal, ou dans une revue, le sujet m’est égal du moment que ce ne soit pas de la politique, dont j’ai horreur.

Quelles ont été vos plus belles rencontres aux Pays-Bas ? Les Français de là-bas sont-ils sensibles à votre démarche ?

Honnêtement, je n’ai pas rencontré beaucoup de Français aux Pays-Bas. J’ai lié d’amitié avec des gens de toutes nationalités. Je ne suis membre d’une association que depuis peu, après avoir réagi à une lettre mensuelle de l’ambassade pour leur proposer mon projet de lecture de poésie. Et c’est bien dommage car maintenant, afin de pouvoir mener à bien ce projet, ce qui me manque, c’est le public, justement. J’ai tout de même eu l’occasion de faire l’une de ces lectures en novembre dernier, à La Haye, en la présence d’une dizaine d’adultes et autant d’élèves du lycée Van Gogh, qui a été un vrai succès. Ces gens-là, malgré la brièveté de notre rencontre, restent gravés dans ma mémoire.

  

Lecture publique à La Haye, novembre 2016.

Au regard de votre expérience, quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un Français souhaitant s’installer à La Haye ?

Si je devais trouver un mot pour exprimer la clé de la réussite aux Pays-Bas, ce mot serait : intégration. Ne vous prenez pas pour un Français aux Pays-Bas mais pour un habitant de ce beau pays. Apprenez la langue, respectez les coutumes, fondez-vous dans la masse… ils vous accepteront tels que vous êtes. Les Hollandais sont des travailleurs émérites, persévérants, c’est sans doute pour ça qu’ici, il y a moins de chômage, ils aiment les gens courageux, ceux qui ne baissent pas les bras à la première difficulté.

Qu’est-ce qui vous a le plus agréablement surpris aux Pays-Bas ?

Malheureusement, pas le climat… moi, je viens du Sud et j’aime le soleil ; j’adore l’été, la chaleur, je suis un vrai lézard. Ce qui m’a plu, au Pays-Bas, c’est la mentalité de ses habitants, cette façon qu’ils ont de tutoyer facilement, cette ouverture d’esprit et ce mode de vie plutôt moderne. C’est vrai, malgré le cheminement de leur histoire, leur monarchie ancestrale, ils savent vivre avec leur temps. Cela mis à part, c’est ici que j’ai pu assister aux plus beaux couchers de soleil ; c’est sans doute à cause de leur ciel si nuageux. Dans le Sud de la France, un soleil tout rond, tout jaune, se couche dans le ciel bleu d’azur de la Méditerranée, ici, il éclate dans une symphonie de couleurs, digne d’un hymne de Mozart.

 Crédit photo : Daniel Foster, Source : Flickr.

Coucher de soleil sur la plage, La Haye, Pays-Bas

Revenez-vous de temps en temps en France, et quelles sont les choses qui vous manquent le plus ou le moins ?

Oui, bien sûr… au moins une fois par an. Ma mère et ma sœur habitent Bergerac, en Dordogne, et je vais les voir régulièrement, ainsi que ma nièce et quelques copains… et quelques poètes. Mais pour dire la vérité, ce qui me manque le plus, c’est la mer Méditerranée, sa beauté, sa douceur, le calme de ses vagues. J’ai vécu quelques années à Hyères, à côté de Toulon, et j’espère bien pouvoir y retourner un jour. Il y a là-bas des petites criques fabuleuses qui vous donnent le sentiment d’être couché sur une île déserte.

Y a-t-il un de vos poèmes qui vous a été inspiré par votre pays d’accueil, et si oui, pouvons-nous le publier sur cette page ? 

Oui, en voici deux, que je vous joins en attachement. Ils sont issus du recueil « Poèmes d’aujourd’hui ». Le premier s’intitule « Le tram », car avant d’en conduire moi-même, je n’en avais jamais vu, et depuis un quart de siècle, je ne vois plus que lui ; et le deuxième « Nuit d’été » car après un premier hiver si rigoureux, cette nuit-là m’a séduit, elle m’a dévoilé la Hollande sous ses aspects les plus chaleureux, elle m’a fait comprendre que les Pays-Bas, ce n’était pas seulement les patins à glace par moins dix-huit, c’était aussi cette nuit chaude et envoûtante, pleine de mystères et de promesses.

Pour en savoir plus sur Michel Armand, son histoire, ses poèmes, rendez-vous sur son site internet : http://michel-armand-demai.com/ !

Centre-ville de La Haye, Pays-Bas. 

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.