Interview de Sarah à Auckland (Nouvelle-Zélande)

  • Anne-Claire
  • Category Interviews, Océanie
Crédit photos : © Sarah Launay

Qui es-tu et qu’est ce qui t’a amenée en Nouvelle-Zélande ?

Je m’appelle Sarah, j’ai 30ans et je suis Chef de projet et Community Manager. Il y a environ deux ans, j’avais déjà envisagé de partir vivre à l’étranger, mais de nouvelles opportunités professionnelles s’étaient présentées à moi à Paris entre temps. J’avais alors mis de côté mon envie d’ailleurs. Puis, deux semaines avant mes trente ans – une nouvelle décennie qui représente un nouveau cap dans la vie – j’ai finalement pris la décision de changer radicalement ma vie et très loin de ma ville d’origine Paris. Je n’avais jusqu’alors jamais quitté ma ville si ce n’est pour des voyages de quelques semaines. J’ai choisi d’aller vivre dans le pays le plus éloigné de la France géographiquement, la Nouvelle-Zélande. J’ai retenu cette destination notamment parce que 30 ans est l’âge limite pour partir dans ce pays avec un Visa Vacances Travail. Ce visa permet de travailler facilement dans un pays comme la Nouvelle-Zélande, en partenariat avec la France pour ce Programme Vacances Travail (PVT).J’ai obtenu mon visa en 3 jours, et je suis partie, seule, à l’autre bout du monde.

Rien ne me retenait en France.

La Nouvelle-Zélande s’est imposée à moi. J’avais une amie néo-zélandaise à Paris qui m’avait parlé de son pays, cela m’avait donné envie d’y aller. De plus, je connaissais déjà un ami français sur place à Auckland, ce qui me faisait un peu moins peur de partir seule aux antipodes de la France. Je m’étais aussi renseignée auparavant, et son climat tempéré, alternant entre la chaleur du jour et la fraîcheur de la nuit, semblait me convenir pour y rester sur le long terme. Et puis j’espérais y trouver de nouvelles opportunités professionnelles.

Crédit photos : © Sarah Launay

Une fois sur place,j’ai eu envie d’essayer des métiers que je n’avais jamais exercés auparavant.J’ai exploré plein de domaines professionnels différents, parfois éloignés de mes expériences professionnelles précédentes et de mon parcours universitaire. Contrairement à la France, il est parfois plus facile de commencer un métier même sans expérience. J’ai ainsi été Fundraiser(collecteur de fonds)pour différentes associations caritatives, j’ai créé une base de données dans une librairie de livres anciens (un petit retour aux sources de mes premières expériences professionnelles, et aussi un clin d’œil aux cours d’Histoire et à mes études en documentation que j’avais suivi à l’Université). J’ai également travaillé dans l’événementiel, ou encore sur une vente aux enchères d’œuvres d’Art.Ces métiers ont pour la plupart pour point commun de nécessiter d’être au contact des gens, de discuter avec eux, et donc d’entretenir les relations humaines. C’était là aussi un bon moyen de pratiquer et d’améliorer mon anglais en allant à la rencontre des habitants d’Auckland. J’ai d’ailleurs pu travailler intégralement en langue anglaise dans mon domaine d’expertise habituel, en faisant du consulting en Social Media et en Web en général pour plusieurs entreprises locales.

En venant en Nouvelle-Zélande, mon but était d’intégrer pleinement le pays, et non pas faire un simple road trip comme le fond régulièrement les détenteurs d’un Working Holiday Visa (Visa Vacances Travail). Je voulais véritablement résiderdans une autre ville que Paris.et actuellement ma vie est bien à Auckland où j’y ai mes amis, et où je travaille.

 Quelles sont les difficultés auxquelles tu as dû faire face lors de ton installation et depuis que tu vis là-bas ? Avec ton expérience, quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un Français souhaitant venir s’installer à Auckland ?

Je n’ai pas ressenti de réelles difficultés. Je m’étais très bien préparée avant mon départ. J’avais lu toutes les informations sur les démarches administratives à suivre et j’avais déjà rédigé mon CV en anglais « à la néo-zélandaise » avant de partir. Mon expatriation a été plutôt rapide.

Crédit photos : © Sarah Launay

J’avais un peu peur de partir seule, et si loin. Mais j’ai été aidée par une agence spécialisée, Work N Holiday. Elle m’a aidée à ouvrir un compte bancaire,m’a expliqué comment remplir les documents des impôts locaux qui permettent de travailler légalement dans le pays (IRD). J’ai obtenu une carte de membre dans une chaîne d’auberge de jeunesse grâce à eux, et ils donnent quelques conseils et vérifient que notre CV est correct pour postuler dans le pays.Passer par ce type d’agence n’est pas une obligation – j’aurai pu faire toutes ces démarches seule – mais cela m’a rassuré.

Trouver un appartement a été pour moi relativement long. Je suis restée un mois en auberge de jeunesse avant de m’installer véritablement. Mais cela a été l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes, lesquelles sont depuis, devenues des ami(e)s.

Ce qui est compliqué lorsque l’on s’installe dans un pays avec un Visa Vacances Travail, c’est qu’il ne dure qu’un temps. J’ai essayé de trouver un poste dans mon domaine d’activité mais avec un visa d’1 an, il y a moins d’opportunités et il est plus difficile d’avoir des entretiens. Ici les employeurs préfèrent embaucher en « permanent job ». Jusqu’à il y a deux mois, je cherchais surtout à améliorer mon anglais en faisant essentiellement des petits boulots. Mais aujourd’hui, mon anglais est bon et je cherche donc véritablement un poste dans mon domaine d’activité. J’évite désormais de dire tout de suite que j’ai un Working Holiday Visa lorsque je postule.J’ai ainsi pu décrocher récemment quelques missions dans mon domaine initial.Si jamais un de mes employeurs souhaitaient que je reste un peu plus longtemps en Nouvelle-Zélande pour travailler avec lui, je pourrais envisager de faire une demande de visa de travail qu’il pourra appuyer.

Mon conseil si vous souhaitez vous installer en Nouvelle-Zélande est de bien vous préparer avant le départ. Beaucoup d’informations sont disponibles sur le site de l’Ambassade de France en Nouvelle Zélande ou encore les sites comme pvtiste.net, ou frogs-in-nz.

Et puis, Auckland est très multiculturelle et internationale. C’est l’ancienne capitale(Wellington est devenue la capitale en 1865), où se rencontrent et vivent des expatriés du monde entier. Ils viennent de Corée, d’Inde, Chine,  d’Allemagne, de France, d’Argentine, de Colombie, des Etats-Unis, du Canada, d’Australie…

Sans oublier évidemment les kiwis/néo-zélandais (Pakeha et Maori). Depuis la signature du Traité de Waitangi le 6 février 1840 entre les anglais colonisateurs et les Maori, les Pakeha (les colons) et les Maori ont les mêmes droits (malgré des conflits qui ont pu survenir par la suite), et n’ont formé qu’un même peuple depuis cette date historique. Il y a donc beaucoup de Maori parmi les néo-zélandaisde nos jours, à Auckland et partout ailleurs. Je les apprécie, ceux que j’ai côtoyé jusqu’à présent sont très sympathiques et souvent drôles, j’aime discuter avec eux quand j’en ai l’occasion. Ce sont de bons vivants, toujours souriants. N’hésitez donc pas à aller parler aux kiwis, c’est le meilleur moyen de s’intégrer à la vie néo-zélandaise.

 

Qu’est ce qui t’as le plus agréablement surpris en Nouvelle-Zélande et en particulier à Auckland ?

Crédit photos : © Sarah Launay

La première chose qui m’a agréablement surprise, ce sont bien sûr les fabuleux paysages ! La Nouvelle-Zélande regorge de splendeurs naturelles aussi bien grâce à ses nombreux lacs, volcans, montagnes, forêts, que ses plages ou ses petites îles côtières! Et tous ces paysages sont toujours très verts, avec une multitude de plantes variées et tropicales, souvent endémiques. C’est vraiment extraordinaire. Découvrir les animaux endémiques a aussi été très plaisant, notamment les oiseaux que l’on voit et entend partout aussi bien en ville qu’à la campagne. Le Tui avec son chant mélodieux et le Pukeko aux longues pattes et aux couleurs flashy rouge et bleu, sont mes oiseaux préférés. A côté de chez moi, en plein cœur d’Auckland, j’ai une forêt où je me promène parfois et où j’ai la chance de voir et entendre ces deux oiseaux typiquement néo-zélandais.

De façon général, les « Kiwis » (c’est-à-dire la population néo-zélandaise) sont très gentils,toujours prêts à vous aider. Certains sont blagueurs, ils ne sont pas stressés par la vie, ils prennent souvent du temps pour profiter de la nature qui les entoure (sport, moments fréquents sur les plages ou en forêt, etc) : on sent qu’ils aiment cette nature très présente dans le pays.

La Nouvelle-Zélande est très propre. Les gens ici sont très respectueux des autres et de l’environnement. Vous ne trouverez aucun déchet, mégots, ou autre détritus dans la rue, sur le flanc des montagnes ou les plages. Il n’y a pas toujours des poubelles dans les lieux publics (jardins, plages, rues, etc), mais les Néo-zélandais rapportent leurs déchets chez eux et les jettent ensuite dans leurs propres poubelles.

Il y a un autre détail, qui peut paraître trivial, mais qui a toute son importance. Dans les toilettes publiques, vous trouverez toujours du papier toilette et du savon !!! Même en plein milieu de nulle part. C’est un point vraiment positif et confortable, que l’on soit en ville ou en pleine nature lors d’une randonnée.

Certains Kiwis ont une habitude de vie surprenante. J’ai pu en voir se promener pieds nus dans la rue oules supermarchés. Ce sont des hommes ou femmes d’affaires en costume, des étudiants, des enfants, etc. Une néo-zélandaise m’a un jour expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une marque de pauvreté ne leur permettant pas de s’acheter des chaussures, c’est juste que pour certains d’entre eux, marcher pieds nus est simplement plus confortable. Vous ne verrez jamais personne ici être offusqué ou trouver cela bizarre de voir quelqu’un marcher ainsi dans les rues, c’est juste un détail normal dans la société. Toutefois c’est une pratique qui reste rare, mais que l’on peut apercevoir de temps en temps si on y prête attention.

Qu’est ce qui te manque le plus et le moins de la France ?

Je pense que comme tous les expatriés, mes amis français et européens et ma famille me manquent. Mais heureusement les nouvelles technologies nous permettent de garder un contact régulier.

Ce qui me manque ces derniers temps, ce sont les montagnes françaises, enneigées de Février à Avril, et où j’ai l’habitude de skier…J’aimerais pouvoir skier, mais actuellement c’est encore l’été en Nouvelle-Zélande, et donc la neige n’est pas encore tombée.

Je ne regrette pas le stress de la vie parisienne, ni la peur qui s’est installée dans les rues à Paris et ailleurs en France depuis les attentats de 2015/2016… En Nouvelle-Zélande il n’y a pas du tout cette méfiance et cette peur ambiante à ce sujet.

Mais Paris me manque aussi beaucoup. Pour m’en rapprocher de temps en temps, j’aime par exemple regarder les films de Cédric Klapisch comme Paris, ou Peut-être qui donnent le sentiment d’être à Paris et de retrouver son ambiance et ses habitants le temps d’un film.

Quels sont tes bons plans à Auckland ?

Crédit photos : © Sarah Launay

Si vous passez par Auckland, il faut absolument aller à Takapuna Beach et Mission Bay, deux plages d’où l’on peut voir Rangitoto Island, une magnifique île volcanique (mon paysage préféré à Auckland). Vous pouvez d’ailleurs facilement prendre un ferry depuis Auckland et faire une randonnée sur Rangitoto Island pour grimper jusqu’à son sommet et admirer le panorama d’Auckland et toutes ses petites îles environnantes.

Pihia Beach, Long Bay, ou Bethells Beach (qui a la particularité d’être une plage de sable noir), sont également de splendides plages qu’il faut voir à Auckland.

Monter sur le Mont Eden, petit volcan en centre-ville d’où l’on peut voir la ville et Rangitoto Island. Aller aussi visiter la Auckland Art Gallery, où les amoureux d’art contemporain pourront se rassasier. Vous y verrez entre autre l’œuvre de Kennett Watkins sur l’arrivée des Maori en Nouvelle-Zélande en pirogues à voiles (The legend of the Voyage to New Zealand – 1912).

Si vous allez sur les night markets(marchés de nuits), comme celui de Pakuranga (banlieue d’Auckland), vous pourrez tester sur place la cuisine asiatique en provenance de Chine, Corée, Japon, Philippines, etc, acheter des bijoux et autres fantaisies, sentir et acheter des parfums,ou encore écouter des musiciens. Les night markets sont une curiosité assez folklorique à ne pas manquer. Mais pour cela il vaut mieux connaître des amis locaux qui vous indiqueront leurs différents emplacements assez confidentiels dans la ville.

N’oubliez pas de vous rendre dans les bibliothèques : outre un accès aux livres et à la culture néo-zélandaise, vous aurez également accès à un wifi excellent et gratuit. Ce qui m’a été bien utile à mon arrivée à Auckland, lors de mes recherches d’appartement et de travail.

Et puis, si vous voulez vous plonger davantage dans la culture du pays,vous pouvez regarder à la télé la chaîne Maori Television. Il y a des reportages sur la culture Maori, la vie quotidienne à Auckland et en Nouvelle-Zélande, sur les cours de Haka après le travail ou à l’école, et aussi de bons films.

Une petite anecdote ?

J’ai eu l’occasion d’habiter deux semaines chez une famille néo-zélandaise dans la ville de Roturua, berceau de la culture maori. Là-bas, grâce aux Hangi,la culture maori est préservée.Pendant ces deux semaines, j’ai eu la chance d’être invitée à partager un hangi avec des habitants locaux. Le hangi est une préparation typique du repas maori, qui consiste à faire cuire la nourriture dans un trou dans la terre. Dans le temps, la cuisson des aliments se faisait grâce aux geysers issus des vapeurs thermales des zones volcaniques (en particulier dans l’île du Nord). Les geysers sont encore utilisés, mais l’autre technique à laquelle j’ai assisté est la cuisson à la vapeur grâce à des pierres chaudes déposées dans le trou creusé dans la terre, puis à de l’eau jetée sur ces pierres, qui crée la vapeur. Ensuite la nourriture est posée sur ces pierres et y cuit pendant 4 heures. Le repas était délicieux, et tout était parfaitement cuit grâce à cette préparation à la maori. Le hangi a eu lieu sur un marae (lieu de réunion) typiquement maori, proche d’une maison de réunion maori sculptée, comme on en voit souvent dans toute la Nouvelle-Zélande. J’étais la seule non néo-zélandaise lors de ce repas, mais l’ambiance était très agréable, et j’ai eu le sentiment d’être alors intégrée à la société locale.

Crédit photos : © Sarah Launay

1 Reply on Interview de Sarah à Auckland (Nouvelle-Zélande)

  • annick cayeux dit :

    magnifique,j’ai été en Nouvelle-Zelande avec mon mari et nous avons beaucoup apprécie les neozelandais et le pays et j’espère y retourner avec ma famille…..les paysages sont sublimes,
    je v ous souhaite beaucoup de bonheur dans ce pays tant aime
    annick cayeux

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