Interview d’un Français dans la finance à Londres

  • Nolwenn
  • Category Actualités, Europe, Europe, Interviews
  • Peux-tu te présenter ?

J’ai 28 ans, une formation d’école d’ingénieur et de commerce. J’habite à Londres depuis 2013. J’ai travaillé dans une banque d’affaires et maintenant dans un fond d’investissements. J’ai vécu en Angleterre, à Paris et un an aux Etats-Unis.

  • Pourquoi avoir choisi le Royaume-Uni ?

Principalement pour les opportunités professionnelles où il y a plus d’opportunités qu’à Paris. Il y a énormément de subtilités dans les métiers de la finance. Le secteur qui m’intéresse est celui des nouvelles technologies et l’investissement en matière de nouvelles technologies. Depuis Londres, on traite de l’espace économique européen. Cela permet de s’adresser à toute l’Europe et pas que la France. C’est une question de capacité de travail dans le marché européen tout entier et je travaille pour une entreprise américaine. Cela change la nature du travail.

  • A quelles difficultés principalement as-tu été initialement confronté ? En amont ? Une fois sur place ?

J’ai jamais travaillé en France et eu de “départ”. J’ai trouvé un stage facilement et je suis resté, j’ai eu une offre d’emploi. J’ai commencé ma carrière professionnelle ici. Il y a eu peu de complexités. Au niveau légal, c’est très simple. Au niveau personnel, il faut gérer ça mais ça s’est bien aligné. Au niveau langage et culture, c’est assez facile de s’adapter. C’est une ville très internationale. Les gens ont besoin de diversité donc on n’attend pas qu’on parle parfaitement anglais dès le début. Cela n’a pas été un obstacle au début même si je partais d’un peu loin. Pour moi, ce serait plus dur de travailler en France en français qu’avec des anglais et américains, maintenant.

  • Comment as-tu fait pour te constituer un réseau ?

Il y a tellement de Français à Londres que je n’ai pas eu de mal à trouver des gens que je connaissais déjà. J’ai un groupe d’amis diversifié qui vient de d’horizons différents. On crée un réseau en travaillant avec les gens, leur faisant confiance. Cela se fait progressivement. Je fais aucun évènement de networking, si ce n’est travailler de manière honnête et avec respect avec les gens. J’ai fait aucun effort conscient et, depuis quelques années, j’ai pas mal d’anciens collègues. Ce n’est pas quelque chose qui se contrôle mais cela finit par arriver avec le temps.

  • Quel(s) conseil(s) éventuel(s) donnerais-tu à un(e) français(e) désireux(se) de s’expatrier ?

Il y en a beaucoup. Il ne faut pas s’inquiéter de considérations pratiques, médicales, légales. La coopération entre européens fait que tous les problèmes logistiques sont gérables. Pour une expatriation en Europe, il n’y a pas à s’inquiéter de considérations administratives.

Il y a une différence entre aimer une ville de manière touristique ou y vivre sur une longue durée. Il faut la possibilité de construire un équilibre professionnel et personnel, être sûr de faire le bon choix. C’est ça la question principale et pas forcément les considérations pratiques.

  • Te souviens-tu, lors de ton arrivée, de ce qui t’avait profondément marqué / choqué / étonné / agréablement surpris ou non ?

La propreté de la ville, des transports en commun.

Il y a des différences culturelles : des bonnes et mauvaises. Il y en a de vrais que j’ai probablement oublié. Globalement, c’est surtout la propreté de la ville, en comparaison avec Paris, c’était assez choquant. Le plus gros inconvénient est la taille de la ville. Londres est une énorme ville et il y a moins ce concept de banlieue. Tu peines à passer d’un côté à l’autre en un quart d’heure de transport en commun.

  • As-tu quelques anecdotes en tête sur ce qui est à faire/ ne pas faire et peut être mal interprété par un non initié aux coutumes locales ? Des pratiques qui diffèrent ?

Niveau pourboire, il n’y a pas vraiment de besoin de laisser de pourboire. Cela se fait de la même façon qu’en France. Ils ajoutent souvent des frais de service de 12,5% dans les restaurants assez haut de gamme.

Niveau professionnel, il faut savoir lire entre les lignes. La façon de s’exprimer est moins directe qu’en France. Il faut comprendre qu’on est pas aussi direct qu’en France, interpréter ce qu’on nous dit. L’importance de la hiérarchie est différente qu’en France. Les gens travaillent de manière plus collaborative.

En termes pratique, on conduit à gauche.

  • Et, si c’était à refaire ? Ferais-tu de même ?

Je pense. Pas de regrets pour l’instant. C’est facile de rentrer en France. Malgré la qualité de mon français qui se détériore, je pense que je pourrais revenir en France même si je tutoierais tout le monde. Cela reste facile de rentrer au pays, je suis content d’avoir eu cette opportunité et finirai peut-être par rentrer en France mais je n’aurai pas de regret à ce moment là.

  • Quels sont les avantages de vivre au Royaume-Uni, ou hors de France plus généralement ?

Voir d’autres choses en ce qui concerne les personnes, la culture, les gens fonctionnent de manière différente. Il y a plus de diversité. Londres, c’est moins intéressant que les Etats-Unis. Mais San Francisco était géographiquement intéressant entre mer et montagne. Cela permet de voir du pays. Professionnellement, c’est un challenge que de travailler dans une autre langue. Cela permet de s’ouvrir à de nouvelles perspectives et avoir des opportunités qu’on n’aurait pas ailleurs. Les Etats-Unis c’est 300 millions de personnes. L’Angleterre permet de faire un lien entre les deux et d’avoir une perspective sur les choses alors que la France est un pays de taille moyenne où on se croit au centre de tout.

  • Vois-tu d’autres éléments à ajouter/ à savoir pour de futurs expatriés ou leur donner envie de se lancer ?

S’expatrier ne coûte pas grand chose, c’est assez facile. S’ils sont dans des conditions où c’est gérable, on a la chance de vivre en Europe où passer d’un pays à l’autre ne coûte pas cher, essayez et voyez ce qu’il se passe.

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